Dites, j'ai une question.

Est-ce que ça vous est déjà arrivé de ne rien comprendre à quelque chose et pourtant, de ressentir une étrange familiarité ?

Il y a environ deux ou trois ans, ça m'est arrivé en découvrant un "classique" du jeu vidéo, Nier Automata.

Je n'ai pas tellement aimé le jeu, mais sa musique, c'était vraiment étrange.

Je reconnaissais certains mots, puis finalement ça disait autre chose, puis c'était carrément une autre langue, et finalement je ne savais même plus en quelle langue les musiques étaient chantées.

Je suis allé faire mes petites recherches (une vidéo de Very Own Sun m'a bien aidé) et j'ai découvert quelque chose d'incroyable.

Le langage du chaos.

J'ai plongé pour comprendre ce dont il s'agissait.

Je me suis donc rapproché des interviews de Emi Evans, la chanteuse, pour en savoir plus.

Elle explique que pour créer son langage du chaos, elle a imaginé un dérivé de nos langues modernes ayant évolué pendant des millénaires jusqu'à ce qu'on ne puisse plus rien reconnaître, puis elle a mélangé le tout.

Dans la première chanson qu'elle enregistre, "Song of the ancient", on retrouve du français, du latin, de l'allemand, du japonais, du gallois, du hongrois et même des sons qu'elle a créé.

Elle se rendra compte ensuite que mélanger les sons au hasard créait toujours des résultats similaires, donc ils ont décidé que chaque musique aurait une seule langue vieillie de plusieurs milliers d'années.

Elle va donc choisir, selon ce que la chanson doit raconter, une langue plutôt qu'une autre.

Une langue grave et gutturale pour une scène d'action ou une langue douce et gracieuse pour une scène de contemplation par exemple.

Elle dira, je cite :

"Lorsque je chante dans la Langue du Chaos, je peux m'exprimer en toute sincérité rien qu'avec le ton de ma voix, sans me sentir limitée par le sens des paroles. Ce sentiment de catharsis résonne peut-être dans les joueurs de manière unique et positive. Sur le papier, mes paroles n'étaient qu'une suite de sons greffés les uns aux autres, dénués de sens. Quand j'ai commencé à chanter et à travailler les morceaux, pourtant, elles ont soudainement pris vie, trouvé un sens, une personnalité. Entendre chaque bloc de parole se transformer ainsi, échappant quasiment à mon contrôle, était vraiment exaltant."

Réfléchissons quelques minutes à tout ça.

Comment du simple "bruit" dénué de sens pourrait générer des émotions ?

Comment une langue peut-elle être à la fois une "langue étrangère" littéralement et en même temps une langue qu'on a la sensation de comprendre d'une certaine manière ?

Pour moi la réponse, c'est la familiarité (ici créée par les sonorités ou les rythmes).

C'est cette familiarité qui m'intéresse dans mes travaux sur les livres de mes clients.

Lorsqu'un client arrive, il amène son propre langage du chaos.

Il a ses expériences, ses idées, ses souvenirs, ses contradictions, ses intuitions, ses blessures, et tout ça arrive complètement mélangé.

Le métier d'un ghostwriter, c'est de donner au langage du chaos de son client une familiarité dans laquelle les lecteurs vont pouvoir se reconnaître.

Notre plume a le rôle de chambre de résonance.

Nous devons réussir à garder un écrit suffisamment personnel pour qu'on reconnaisse l'humain de qui ça vient, tout en le rendant assez familier pour que ça touche les lecteurs que le livre vise.

Du chaos nait la familiarité.

De la familiarité nait la résonance chez le lecteur.

De la résonance chez le lecteur nait l'impact.

Ainsi naissent, je crois, les grands livres.

Notre travail, c'est de faire tout ce chemin pour vous.

Vous arrivez avec "le bordel dans votre tête", et l'on s'occupe de le démêler, de le poser sur papier, de lui donner du sens et de la cohérence, et d'en faire un livre que vous serez fier de tenir entre vos mains.

Quel livre aimeriez vous voir exister ?

Comment aimeriez vous que votre histoire touche les autres ?

Quel héritage voulez-vous laisser derrière vous ?

C'est pour vous aider à répondre à ces questions et à en écrire les réponses qu'existent les ghostwriters.