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Sylvie MESSMER

Nouveau
Ecrivaine et biographe, illustratrice · Rennes
2026 membre depuis
Écriture Illustration Photographie Roman Polar Essai Jeunesse Poésie

À propos

Ecrivain et biographe, je vous propose l'écriture de :
• Votre biographie courte (extrait de vie, récit de voyage, événement...)
• Votre biographie longue (récit d'une vie)
• Votre biographie romancée (votre biographie sous la forme d'un roman)
• Votre biographie sonore (votre biographie sous la forme d'un reportage radio avec interview, bruitages...)
Je peux aussi écrire :
• Des textes pour des cérémonies
• Des romans, de la poésie
• Des articles de blog…
Pour transmettre, partager, laisser une trace.

Compétences

Norme bibliographique Confirmée

Extraits

Léna marchait lentement dans le parc, le regard perdu parmi les feuilles qui dansaient au rythme du vent. C’était un matin du mois de juillet comme les autres et pourtant, celui-là avait quelque chose de particulier. Elle l’avait su au saut du lit, cette journée serait différente. Elle ressentait au fond d’elle-même comme un tressaillement, un soubresaut de vie. Il était neuf heures du matin et la lumière inondait la véranda de la maison de banlieue où elle habitait avec sa mère et son petit frère. Sa mère avait des revenus très modestes et ils ne partaient jamais en vacances pour les congés d’été. Elle n’en n’avait pour autant jamais souffert. Elle aimait ses journées interminables ou elle n’avait qu’à se laisser porter et ne rien faire. Elle passait une bonne partie de la journée à rêvasser, à lire, parfois à appeler une de ses amies. Elle écoutait aussi de la musique et les voix et les intonations des chanteurs la faisaient s’évader. Elle reprenait les couplets en anglais, sans parfois trop comprendre les paroles. Comme ses idoles, elles se voyait dans les caves de Londres, donnant un concert privé dans l’ombre de quelques bougies. L’après-midi, ses copines ayant toutes ou presque déserté la ville, elle se baladait seule au parc. Elle s’asseyait sur un banc et regardait pendant des heures les enfants jouer dans le bac à sable ou sur les jeux en bois. Elle aurait aimé alors redevenir un peu plus jeune pour y grimper de nouveau elle aussi. Elle y avait passé tellement de temps sur ces jeux en étant plus jeune ! Grimper tout en haut du tobogan et se laisser glisser jusqu’en bas lui procurait alors un profond sentiment de liberté. Elle se prenait pour une aventurière des temps modernes et rêver de contrées lointaines. Elle avait alors douze ans. Loin de l’agitation du lycée, alors que les journées semblaient interminables, dans la chaleur écrasante de la ville, elle aimait se retrouver seule avec elle-même. Les cours ne reprendraient que dans un peu plus d’un mois. Aujourd’hui, elle venait d’avoir seize ans. Un âge où tout semblait à la fois immense et fragile, où chaque matin apportait son lot de questions sans réponse. Mais, ce qu’elle voulait simplement, c’était mieux vivre son adolescence. Car parfois, le poids de ses doutes et de ses peurs semblait plus lourd que ses rêves. Et, ce n’était que pendant les congés d’été, loin du lycée, qu’elle arrivait à se libérer de ces pensées qui la hantaient tous les jours de l’année en période de cours. Pourtant, Léna se montrait au quotidien une jeune fille pleine de vie, souriante, le regard espiègle et pétillant. Toujours partante pour une sortie, une soirée avec les autres, elle était entourée la plupart du temps de ses amis de classe. Mais cela n’était que le côté visible de sa personnalité, celui qu’elle aimait donner à voir pour ne pas décevoir, pour ne pas se retrouver seule devant l’immensité du vide que représentait sa vie.
Elle se souvenait souvent de ses premières années d’école, où tout était simple. Les copains et copines, les jeux, les rires innocents. Mais avec le temps, les attentes des autres, les comparaisons et cette envie de s’affirmer l’avaient peu à peu éloignée d’elle-même. Elle voulait retrouver cette légèreté, cette capacité à vivre chaque instant avec intensité, sans se laisser envahir par l’anxiété.
Un jour, lors d’un cours de littérature, elle avait découvert un poème qui parlait de liberté, de retrouver son souffle. Ces vers lui avaient fait chaud au cœur : “Respire, rêve, ose, vis.” Elle s’était promis d’essayer, à sa façon, de donner plus de sens à ces moments si précieux. Son professeur de français était un homme d’âge mur, presque à la retraite. Avec lui, elle avait découvert cette année-là, plus qu’une simple matière banale à travailler pour décrocher le bac. Il avait réussi à inculquer à ses élèves la valeur des mots. Certes, les mots avaient un sens, mais ils avaient aussi une signification particulière, celle que chacun ou chacune voulait leur donner dans sa propre existence. Il avait repéré le décrochement scolaire de Léna en début d’année lorsqu’elle rendait des devoirs à peine esquissés, remplis de ratures. Pourtant, au-delà des ébauches d’écriture, il avait ressenti comme un réel besoin d’expression, un vocabulaire adapté à chaque situation mais qui ne parvenait pas à éclore pour donner un travail bien construit. Un soir, il avait demandé à voir Léna, juste après son cours de physique. D’abord, réticente, elle avait accepté ce rendez-vous. Elle s’attendait à des reproches, des remontrances sur son travail. Il n’en fut rien. Son professeur s’était montré à l’écoute, profondément humain. Il avait voulu savoir ce qui l’empêchait de rendre des travaux plus clairs, plus concis et consistants. Léna n’avait pas hésité à dire qu’elle trouvait la motivation, l’envie, la volonté d’apprendre mais qu’une fois devant la page blanche, elle se sentait isolée, les idées affluant dans son esprit sans pouvoir y mettre de l’ordre. Alors elle notait ce qui lui paraissait essentiel dans l’instant, sans prendre le temps de se relire. Elle écrivait ce qui lui venait à l’esprit, sans se soucier du sens de ses phrases et encore moins de faire un texte répondant au sujet proposé. Son professeur promis de l’aider à y voir plus clair, à apprivoiser les mots, les phrases, pour rendre un devoir différent car elle en était plus que capable. Mais, pour cela, il lui fallait voir la vie autrement, comprendre qui elle était, ce qu’elle représentait pour elle, pour les autres. C’était cela la clé et elle allait essayer. Elle se le promis. Pour son professeur, pour qu’il soit fier d’elle, mais aussi pour ses amis. Et puis aussi, pour sa mère et son petit frère. Et peut-être et surtout, pour elle-même, comme son professeur lui avait suggéré. Elle voulait faire cette expérience pour voir ce dont elle était capable.
Léna commença alors à changer. Elle prit le temps de s’écouter, de comprendre ce dont elle avait réellement besoin.
Extrait de biographie -1 Le souffle des mots Création réalisée

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