En 2026, une traduction littéraire se facture en France 0,12 à 0,22 € le mot source, ou 18 à 28 € le feuillet de 1 500 signes. Comparer deux devis sans convertir l’unité, c’est comparer deux métiers qui n’ont pas le même mètre.

Ces fourchettes sont celles du marché, pas des statistiques d’Acteurs du Livre. Elles aident à lire une offre de traduction avant de signer, surtout lorsqu’un prestataire compte au mot et l’autre au feuillet.

L’essentiel

  • Deux unités circulent : le mot source (0,12–0,22 €) et le feuillet de 1 500 signes (18–28 €).
  • Elles ne sont pas équivalentes tout seules : convertissez avant de dire « moins cher ».
  • Le signe se compte sur le texte source, espaces comprises — et la règle doit être écrite.
  • Un devis complet dit aussi : révision, notes, délai, cession.
  • Un roman de 80 000 mots, au tarif littéraire au mot, sort souvent entre 9 600 et 17 600 €.

Signe, mot, feuillet : de quoi parle-t-on ?

Le signe, dans l’édition française, est un caractère, espace comprise. On dit aussi « caractère espaces comprises » (cec). Le feuillet professionnel vaut en général 1 500 signes. C’est l’unité historique des correcteurs, des préparateurs et de beaucoup de contrats maison.

Le mot source est l’unité la plus fréquente en traduction littéraire et en traduction éditoriale « au volume ». On compte les mots du texte à traduire, pas ceux de la langue cible. Un anglais compact et un allemand composé ne pèsent pas le même nombre de mots pour la même idée : d’où l’intérêt, parfois, de revenir au signe.

Une page Word n’est une unité de rien. Corps, marges et interligne la font varier de 1 200 à 2 800 signes. Un devis « à la page » sans définition est incomparable. Les correcteurs le savent ; les traducteurs aussi. Exigez le même compteur des deux côtés.

Pourquoi le signe plutôt que le mot ?

Le signe est stable. Il ne dépend pas de la langue, ni des traits d’union, ni de la façon dont un logiciel coupe « aujourd’hui ». Un feuillet de 1 500 signes reste 1 500 signes, que le texte soit français, italien ou anglais. Les maisons d’édition l’utilisent pour aligner traduction, lecture éditoriale et correction sur la même règle.

Le mot parle aux traducteurs formés au marché international. Il est simple à expliquer (« 80 000 mots, 0,15 € ») mais il pénalise ou favorise selon la langue source. Un devis au mot anglais n’est pas un devis au mot français.

Aucun des deux n’est « plus honnête ». Un tarif à 22 € le feuillet n’est pas automatiquement plus doux qu’un tarif à 0,14 € le mot. Il faut ramener les deux au même volume, sur le même fichier.

Combien coûte une page de roman traduit ?

Une « page » de roman n’existe pas tant qu’on n’a pas dit le nombre de signes. En ordre de grandeur, un feuillet à 18–28 € représente le travail sur 1 500 signes source. Au mot, 250 mots à 0,12–0,22 € donnent 30 à 55 € — ce qui montre déjà que les deux barèmes du marché ne se recouvrent pas terme à terme.

Deux façons de facturer une traduction littéraire — marché FR 2026
Unité Fourchette Sur 80 000 mots source (ordre de grandeur)
Mot source 0,12 à 0,22 € 9 600 à 17 600 €
Feuillet de 1 500 signes 18 à 28 € À convertir selon le nombre réel de signes du fichier
Page Word non définie Incomparable À refuser tant que le compteur n’est pas écrit

Un français courant tourne souvent autour de 5 à 6 signes par mot, espaces comprises — à vérifier sur le fichier, pas sur une moyenne inventée. 80 000 mots peuvent donc faire 400 000 à 480 000 signes, soit environ 270 à 320 feuillets. À 18–28 €, la fourchette tombe alors vers 4 800 à 9 000 €. L’écart avec le barème au mot est précisément la raison de cet article.

La langue, le genre (prose, théâtre, poésie, notes de bas de page) et le délai expliquent le reste. Une traduction « courante » de guide n’est pas une traduction de roman. Voir aussi le délai et les droits dans l’article sur le métier, et les éditeurs qui imposent leur unité.

Comment convertir un devis au mot en devis au signe ?

Trois étapes, toujours sur le texte source.

  1. Obtenez le nombre de mots et le nombre de signes espaces comprises du même fichier (traitement de texte, mêmes options).
  2. Divisez les signes par 1 500 pour avoir des feuillets, ou multipliez les feuillets par 1 500 pour revenir aux signes.
  3. Ramenez chaque devis au prix total et au prix pour 1 000 signes (ou pour 1 000 mots). C’est ce couple qui se compare.

Exemple de méthode, pas de statistique de plateforme : 0,16 € le mot sur 80 000 mots = 12 800 € ; 24 € le feuillet sur 300 feuillets = 7 200 €. B n’est « moins cher » que si les 300 feuillets couvrent tout le livre — notes et citations comprises. Écrivez la règle de comptage (espaces, chiffres, textes déjà traduits).

Ce que le devis doit inclure

L’unité ne suffit pas. Un devis de traduction littéraire utile tient en une page et dit :

  • langue source et cible, genre, volume (mots et signes), fichier de référence ;
  • tarif et unité, total, échéancier ;
  • nombre de passes, révision incluse ou non, et par qui ;
  • notes du traducteur, bibliographie, poésie ou dialogues versifiés ;
  • délai, et ce qui se passe en cas de manuscrit encore instable ;
  • cession : langue, territoire, durée, supports (papier, numérique, audio).

La révision par un second professionnel n’est pas une relecture de l’auteur. C’est un métier, parfois facturé à part, proche d’une correction bilingue. Si elle n’est pas dans le devis, elle n’est pas dans le prix.

Les manuscrits ne servent pas à entraîner un modèle. Aucune traduction livrée sur Acteurs du Livre ne peut être produite par une IA générative. Voir Confiance.

Comment comparer deux traducteurs ?

Après conversion des unités, reste le travail. Demandez un extrait déjà publié ou une courte passe d’essai payée (une ou deux pages, tarif au pro rata). Un essai gratuit de vingt pages n’est pas une pratique saine : c’est du travail non rémunéré.

Regardez les langues de travail réelles et des références de livres nommés. Les prestations à prix affiché aident quand l’unité est écrite.

Sur acteursdulivre.fr, pas d’abonnement. La première mission du prestataire est offerte, puis 8 % lui sont facturés. Le règlement se fait hors site. Mode d’emploi : comment ça marche et tarifs.

Quel budget pour un roman de 80 000 mots ?

Au barème littéraire au mot source, prévoyez 9 600 à 17 600 € pour le seul temps de traduction, hors révision externe et hors droits d’adaptation. Au feuillet, le total dépend du nombre de signes réel : d’où l’obligation de compter avant de comparer.

Ajoutez du calendrier. Un tel volume ne se livre pas en trois semaines sans casser la qualité — et sans majorer le tarif. Le délai, la révision et la cession font l’objet d’un autre texte du journal. Ici, retenez : l’unité est le premier filtre, le total est le deuxième, le livrable (qui révise, qui possède quoi) est le troisième.

Mieux vaut un chapitre d’essai payé au tarif visé, puis un contrat sur le livre, qu’un chapitre « pour voir » au tarif bas que l’on ne pourra pas tenir sur 300 pages.

Questions fréquentes

Le feuillet de 1 500 signes inclut-il les espaces ?

Oui, dans l’usage éditorial français courant. Faites-le écrire. « 1 500 caractères » sans « espaces comprises » est une autre unité, plus généreuse pour le prestataire, plus chère pour vous.

Faut-il compter les mots de la langue source ou cible ?

La source. La cible n’existe pas encore, et elle gonfle ou rétrécit selon les langues. Un devis au mot cible est une porte ouverte au conflit.

Pourquoi deux fourchettes aussi éloignées ?

Parce que ce sont deux traditions de facturation, pas une conversion officielle. Le mot littéraire 0,12–0,22 € et le feuillet 18–28 € coexistent. On les compare après avoir mesuré le fichier, pas avec un coefficient universel.

La préparation de copie se facture-t-elle pareil ?

Non. C’est un autre métier, souvent au feuillet, sur le texte français. Ne mélangez pas un devis de traducteur et un devis de préparateur ou de correcteur.

Peut-on payer au forfait livre ?

Oui, si le forfait repose sur un volume mesuré et une liste de livrables. Un forfait « roman » sans signes ni mots n’est pas un prix : c’est une enchère à l’aveugle.

Pour aller plus loin

Pour lancer une traduction, voyez les prestations, la fiche traduction et, si besoin, le juridique pour la cession. Les traducteurs de l’annuaire précisent leur unité. Questions de compte : aide et inscription.