En 2026, un premier dépôt en librairie se joue sur 5 à 15 exemplaires, une remise de 30 à 40 % sur le prix public TTC, un bon de dépôt signé et un rendez-vous — pas un carton laissé au comptoir un samedi. Le libraire n’achète pas le roman : il l’expose avec un droit de retour. Sans présentation, suivi ni renvoi tenable, le livre part au pilon.
Ces fourchettes sont celles du marché français de la librairie indépendante, pas des statistiques d’Acteurs du Livre — la plateforme est en pré-ouverture. Elles servent à préparer le rendez-vous, pas à imposer un barème au commerçant.
L’essentiel
- Premier dépôt type : 5 à 15 exemplaires, rarement plus, souvent moins si le titre est inconnu.
- Remise libraire courante : 30 à 40 % du prix public TTC ; en dessous, le rayon n’est pas tenable.
- Un bon de dépôt daté, avec prix, ISBN, délai d’office et qui paie les retours.
- Présentation professionnelle : livres propres, argumentaire d’une page, contact auteur, éventuellement un service de presse local.
- Le suivi se fait à 4–8 semaines, une fois, sans relancer chaque vendredi.
Qu’est-ce qu’un dépôt en librairie ?
Le dépôt n’est pas une vente ferme. Le libraire expose s’il le juge utile, encaisse le prix public à la vente, vous reverse ce prix moins la remise, et renvoie (ou pilonne, selon l’accord) le reste. C’est le circuit historique du livre, distinct de l’achat ferme — rare pour un premier autoédité — et d’un « on verra » sans papier.
En maison, l’éditeur passe par un diffuseur (Dilicom, office). En autoédition, vous êtes souvent seul face au commerçant. Connaître la librairie avant d’ouvrir le carton : surface, ligne, clientèle. Un libraire de fonds n’a pas les mêmes contraintes qu’une grande surface culturelle.
Sur acteursdulivre.fr, la diffusion n’est pas un forfait magique. Vous pouvez chercher une prestation de relation libraires ou de presse et communication, ou publier une recherche. Voir comment ça marche.
Combien d’exemplaires, quelle remise, quels retours ?
Cinq exemplaires, c’est déjà une présence : une face en nouveautés, deux en rayon, deux en réserve. Quinze, c’est le haut de fourchette pour un premier contact. Au-delà, le stock dort souvent derrière les essais.
| Point | Fourchette utile | Ce que le libraire lit derrière |
|---|---|---|
| Volume déposé | 5 – 15 exemplaires | Assez pour exposer, pas assez pour l’encombrer |
| Remise | 30 – 40 % du prix TTC | Sa marge après loyer, salaires, invendus |
| Délai d’office / retour | 3 – 6 mois, parfois 12 | Le temps de juger la rotation, pas une consigne éternelle |
| TVA livre | 5,5 % sur le prix public | Facture et bon doivent coller au prix affiché |
| Port des retours | À convenir par écrit | S’il paie l’aller et le retour, le dépôt lui coûte trop |
La remise à 30 % est déjà juste pour une petite librairie. À 40 %, vous êtes dans la zone d’un petit éditeur qui veut le rayon. Négocier 20 % « parce que c’est de l’autoédition » revient à demander au commerçant de travailler à perte : il dira non. Les retours (l’office) ne sont pas un échec ; un dépôt sans date de fin ni bon, si.
La présentation que le libraire attend
Il attend un livre qui a l’air d’un livre, et un interlocuteur qui a l’air de savoir où il est. Couverture propre, dos lisible, ISBN et code-barres, prix TTC imprimé ou étiqueté, quatrième qui tient en dix secondes. Un roman mal massicoté, sans code, avec un prix au crayon, lui fait perdre du temps à la caisse et à l’inventaire.
« Je ne refuse pas l’autoédition. Je refuse le carton anonyme, la remise fantaisiste et l’auteur qui revient tous les trois jours demander si ça s’est vendu. »
Joignez une feuille A4 : titre, auteur, ISBN, prix, genre, public, deux phrases de pitch, un angle local s’il existe, dates de dédicace, contact. Si un article local ou un attaché de presse a un envoi prévu, dites-le : le libraire vend mieux ce dont on parle dehors.
Prenez rendez-vous. Le samedi, le libraire est en caisse. Le lundi matin, il peut regarder le livre. Apportez les exemplaires dans un état revendable — pas dans le sac du marché. Si le livre sort de chez l’imprimeur avec des coins cornés, triez avant.
Ce qui se décide par écrit le jour du dépôt
Sans papier, vous n’avez ni créance ni recours, et le libraire n’a pas de pièce comptable. Le bon de dépôt — ou la facture « en dépôt » — fixe au minimum : quantité, prix public TTC, remise, date, identité des deux parties, délai avant retour, état exigé des exemplaires, et qui paie le port retour. Un e-mail de confirmation le soir même vaut mieux qu’une poignée de main seule.
Décidez aussi du réassort : s’il en vend trois, lui en laissez-vous deux de plus sans nouveau rendez-vous ? Et de la dédicace : une heure un samedi, ce n’est pas « je reste toute la journée ». Le libraire prépare une table ; vous amenez un stylo qui marche et vous ne quittez pas le stand pour un café de deux heures.
- Identifiants — ISBN, prix, titre exact comme sur la couverture.
- Quantité et remise — chiffres, pas « on verra selon les ventes ».
- Durée — date de bilan, pas « tant que ça tourne ».
- Retours — port, état, pilon éventuel avec accord.
- Contact — un téléphone et un e-mail qui répondent en semaine.
Suivi, pilon, et ce qui fait tout rater
Quatre à huit semaines après le dépôt, un message suffit : réassort, retrait, dédicace. Pas un décompte quotidien. S’il n’a rien vendu, demandez un retour propre. Si trois librairies de la même ville ont le titre, dites-le : un « exclusif » fantôme use la confiance plus vite qu’un refus.
Le pilon, c’est le coût de stock et de transport. Il arrive quand le dépôt était trop gros, trop tôt, trop flou, ou quand l’auteur disparaît. Erreurs typiques : trente exemplaires « pour être visible », pas d’ISBN, relances de commercial. Sans angle local ou événement, le livre concurrence des titres déjà demandés. Mieux vaut trois librairies à cinq livres, un article et une dédicace tenue, qu’un dépôt national fantaisiste.
Pour un argumentaire ou une liste de librairies, voyez les prestataires et les fiches librairie et presse-com. L’inscription est gratuite. La première mission du prestataire est offerte, puis 8 % lui sont facturés ; règlement hors plateforme — tarifs. Aucun livrable n’est produit par une IA générative ; Confiance. Autres maillons : journal, aide.
Questions fréquentes
Le libraire peut-il refuser un dépôt d’autoédité ?
Oui, et c’est fréquent. Il n’a pas d’obligation d’exposer. Un refus poli (« pas notre ligne », « plus de place en nouveautés ») vaut mieux qu’un oui de courtoisie suivi d’un oubli en réserve. Demandez s’il préfère un ou deux exemplaires à l’essai plutôt que d’insister sur quinze.
Faut-il un diffuseur pour déposer en librairie ?
Non pour quelques points de vente locaux. Oui dès que vous visez un réseau : Dilicom, office, facturation centralisée. Un petit éditeur ou un prestataire de diffusion peut jouer ce rôle ; ce n’est plus le même budget ni le même délai.
Qui paie les exemplaires retournés ?
C’est à écrire. Souvent l’auteur-éditeur paie le retour, parfois le libraire accepte un échange sur place. Sans clause, le conflit porte sur quelques euros de colis — assez pour que personne ne recommence.
Peut-on déposer sans ISBN ?
En pratique, presque jamais. La caisse, l’inventaire et le réassort passent par le code. Un livre sans ISBN est un objet artisanal : certains libraires le prennent en dépôt local, la plupart non.
Combien de temps laisser les livres en rayon ?
Trois à six mois suffisent pour juger une rotation sur un premier titre. Au-delà d’un an sans vente, retirez. Un livre qui occupe une face pendant deux ans n’est pas « bien diffusé » : il est oublié.
Pour aller plus loin
Préparer un dépôt, c’est aussi préparer le livre et la parole autour. Voir les métiers librairie, impression, édition et presse-com, les prestations à prix affiché, et le journal. Questions de compte : aide et à propos.