En 2026, publier un roman en e-book « propre » — texte corrigé, fichier EPUB contrôlé, couverture simple, ISBN numérique — coûte en général entre 1 200 et 2 800 €, hors impression. Le fichier n’est pas gratuit parce qu’il n’y a pas de papier : les métiers restent. Ce qui disparaît, c’est le tirage, le façonnage et une partie du stockage. Pas la langue, pas la mise en pages, pas l’identifiant.

Beaucoup d’auteurs comparent ce budget à zéro (« je l’exporte depuis Word ») puis découvrent le rendu sur liseuse : retraits cassés, notes illisibles, couverture pixelisée, fautes intactes. Les fourchettes ci-dessous servent à lire un devis, pas à le remplacer. Elles portent sur un roman courant (environ 250 à 350 pages papier équivalentes), pas sur un album image par image.

L’essentiel

  • Correction + EPUB + couverture simple : 1 200 à 2 800 € hors impression.
  • Un export PDF ou un .docx renommé n’est pas un livre numérique.
  • L’ISBN numérique est distinct de l’ISBN papier ; le dépôt légal numérique existe.
  • La couverture e-book n’a pas de dos : autre brief que la couverture brochée.
  • Audio, papier et diffusion librairie sont des postes à part.

Un e-book n’est pas un PDF exporté

Un livre numérique commercial, en France, circule surtout en EPUB (parfois en formats de librairies). Le texte s’adapte à la liseuse : corps, marges, police choisie par le lecteur. Un PDF figé peut servir d’épreuve ou de service de presse ; ce n’est pas le même produit que l’EPUB vendu.

La conversion professionnelle part d’un fichier propre (Word ou InDesign stabilisé) et produit un EPUB contrôlé : métadonnées, table des matières, césures, italiques, notes, intertitres, images éventuelles. Un maquettiste livre qui « fait aussi le numérique » n’est pas forcément un convertisseur ; un convertisseur n’est pas forcément un typographe papier. Demandez le livrable : EPUB 3, contrôles (ePubCheck ou équivalent), et une passe sur liseuse réelle.

Ce que l’on voit encore trop : des files d’erreurs de styles (vingt styles de paragraphe pour le même corps), des images à 72 dpi utilisées en pleine page, des notes converties en simple astérisque. La conversion révèle le désordre du fichier source. D’où l’ordre utile : texte stabilisé, correction, puis fabrication numérique.

La correction : le poste qu’on ne saute pas

Sur un roman de 450 000 à 550 000 signes, une correction orthotypographique complète se situe souvent entre 620 et 1 100 € — les mêmes ordres de grandeur que pour le papier, parce que le travail est le même. L’e-book fauté se partage plus vite que le broché fauté. Ce n’est pas le lieu de « se rattraper plus tard ».

La préparation de copie (structure, répétitions, rythme) est un autre métier, souvent 1 200 à 2 400 €. Elle n’est pas obligatoire pour tout premier roman. Elle l’est dès que le texte n’est pas encore un livre. La confondre avec « une correction un peu plus chère » fausse tous les devis.

Corriger après conversion coûte plus cher : chaque correction de fond peut casser la table des matières, les ancres, les notes. L’ordre reste : texte, correction, puis EPUB, puis relecture sur épreuves numériques (une passe courte, à prévoir au devis).

Couverture numérique, ISBN, dépôt

La couverture e-book est une image de première plat seule — pas de dos, pas de quatrième, sauf si vous les déclinez pour le site. Un visuel simple (typographie soignée, ou illustration déjà cédée pour le numérique) peut rester dans le lot 1 200–2 800 €. Une illustration originale s’ajoute souvent de 300 à 900 €, avec une cession qui cite explicitement le livre numérique et les librairies en ligne.

L’ISBN du fichier numérique n’est pas celui du broché. En France, l’AFNIL attribue des listes aux éditeurs déclarés ; un autoédité passe souvent par un intermédiaire (quelques dizaines d’euros). Publier « sans ISBN » sur une seule boutique en ligne est possible techniquement ; cela complique librairies, bibliothèques et suivi. Le dépôt légal des documents numériques auprès de la BnF a ses propres modalités : ce n’est pas zéro minute.

Prévoyez 40 à 150 € pour identifiants et à-côtés, pas une ligne fantôme. Une prestation d’édition peut les inclure ; alors exigez la liste, pour ne pas les payer deux fois.

Budget type : ce qui entre dans 1 200 à 2 800 €

Fourchettes de marché 2026 — e-book roman, hors impression
Poste Fourchette Ce que vous achetez
Correction orthotypographique 620 – 1 100 € Langue, typo, cohérence de base, avant conversion
Conversion EPUB + contrôles 250 – 700 € Fichier valide, TdM, notes, passe liseuse
Couverture numérique simple 200 – 600 € Visuel plat, déclinaison web, cession limitée
ISBN / dépôt / métadonnées 40 – 150 € Identifiant, fiche, envois administratifs
Ensemble fréquent 1 200 – 2 800 € Les quatre postes, hors préparation de copie lourde

On descend sous 1 200 € en faisant soi-même la couverture et la conversion — et on le paie en crédibilité dès que le fichier sort du cercle des proches. On dépasse 2 800 € avec une préparation de copie, une illustration originale, un livre très noté ou illustré, ou un délai express.

L’impression d’un broché n’est pas dans ce total. Si vous faites les deux (papier + numérique), la correction se paie une fois ; la couverture et la maquette se déclinent. C’est souvent plus économique que deux fabrications étanches — à condition de le briefer dès le départ.

La première mission d’un prestataire sur la plateforme est offerte, puis 8 % lui sont facturés ; le règlement se fait hors site. Détail : tarifs et fonctionnement.

Diffusion : boutiques, librairies, audio

Le fichier ne se vend pas tout seul. Les agrégateurs et librairies numériques prennent une commission sur chaque vente — ce n’est pas un coût de fabrication, c’est une marge de distribution. Comparez : exclusivité d’une boutique contre présence en librairies en ligne multiples. Le choix change le prix public net, pas le coût de l’EPUB.

La fiche (résumé, mots-clés, catégorie, âge) est un travail éditorial court. Mal faite, elle enterre un bon fichier. Elle n’exige pas une agence. Elle exige d’avoir lu trois fiches de titres comparables.

Le livre audio est un autre budget (narration humaine, prises, mastering). Une synthèse vocale n’est pas une prestation acceptable ici. Ne rangez pas l’audio dans « le numérique » : ce n’est pas le même métier, ni le même contrat de droits.

Comment comparer deux devis d’e-book

  1. Même volume (signes) et même état du texte (déjà corrigé ou non).
  2. Livrable : EPUB 3, contrôles nommés, sources rendues ou non.
  3. Nombre de passes : correction, conversion, épreuves sur liseuse.
  4. Couverture : création ou exécution ; cession (durée, territoires, librairies numériques).
  5. Hors champ : index, notes complexes, images intérieures, version papier, audio.

Un devis « pack e-book 399 € » qui oublie la correction n’est pas moins cher : il déplace la facture vers le lecteur. Les prestations affichées se comparent mieux poste par poste. Les prestataires de l’annuaire précisent en principe l’unité.

L’inscription est gratuite. Un brief utile joint un extrait, le nombre de signes, et dit si une version papier est prévue. La page Confiance rappelle que les livrables texte et image ne sont pas produits par une IA générative.

Questions fréquentes

Pourquoi un e-book n’est-il pas gratuit à produire ?

Parce que le travail est dans le texte et le fichier, pas dans la rame de papier. Correction, conversion, couverture et identifiants restent dus. L’impression, elle, peut attendre — ou n’arriver jamais.

Puis-je corriger moi-même et ne payer que la conversion ?

Oui, si le texte est réellement stable. Comptez alors surtout 250 à 700 € de conversion et 200 à 600 € de couverture simple. Une relecture sur épreuves reste recommandée : on ne voit pas les mêmes fautes à l’écran de travail et sur liseuse.

Faut-il un ISBN pour un e-book ?

Pas toujours pour exister sur une unique boutique en ligne. Oui, dès que vous voulez un identifiant portable, des librairies multiples, des bibliothèques, un suivi propre. Un ISBN papier ne couvre pas le fichier numérique.

EPUB ou PDF pour vendre ?

EPUB pour la vente liseuse et la plupart des librairies. PDF pour un document figé (beau livre, partition, certains essais très composés) ou pour un SP. Les deux ne s’improvisent pas l’un pour l’autre.

Le numérique remplace-t-il le broché ?

Pour certains lecteurs, oui. Pour les librairies physiques, les dédicaces et beaucoup de salons, non. Beaucoup d’auteurs font les deux : correction unique, déclinaisons de fabrication. Le budget papier s’ajoute alors — ce n’est plus le sujet de cet article.

Pour aller plus loin

Fiches correction, maquette, illustration, édition, audio. Autres budgets dans le journal. Questions : aide.