En autoédition, vous possédez le texte dès sa création — sans dépôt constitutif en France. Vous ne possédez pas automatiquement la couverture, la maquette, les photos ni l’enregistrement audio : chaque intervenant reste titulaire de ses droits tant qu’une cession écrite ne les limite pas. Payer une facture n’est pas une cession. Mélanger ces objets dans un seul « je t’ai réglé, donc c’est à moi » est la source la plus banale de blocage à la réédition ou à l’audio.

Les usages 2026 ci-dessous sont ceux du marché français, pas des règles d’Acteurs du Livre — la plateforme est en pré-ouverture et n’acquiert aucun droit sur vos œuvres. Pour rédiger une cession, voyez le juridique.

L’essentiel

  • Le texte est à l’auteur ; le droit moral ne se cède pas.
  • Illustration, photo, maquette, voix : cessions séparées, avec durée, territoire, supports.
  • Une facture « création de couverture » sans mention de droits laisse l’image à l’illustrateur.
  • L’audio ajoute les droits de l’interprète, distincts du texte.
  • Les plateformes de vente prennent en général une licence de diffusion, pas la propriété du roman.

Le texte : ce qui est déjà à vous

Le Code de la propriété intellectuelle protège l’œuvre originale dès qu’elle existe. Vous n’avez pas besoin d’ISBN ni de dépôt légal pour « avoir le copyright » — ces formalités concernent l’édition et la conservation, pas la naissance du droit. Le droit moral (nom, intégrité du texte) reste attaché à vous : un prestataire ne peut pas signer à votre place une réécriture qui dénature l’œuvre sans accord.

Ce que vous pouvez céder, ce sont les droits patrimoniaux : reproduire, représenter, adapter. En autoédition, vous les gardez le plus souvent, et vous accordez des licences (boutique, distributeur, anthologie). C’est l’inverse du contrat d’édition classique, où une maison se fait céder l’exploitation. Relisez les conditions de chaque plateforme : licence exclusive ou non, durée, sortie.

Sur acteursdulivre.fr, le manuscrit ne sert pas à entraîner un modèle. Aucun livrable texte n’est produit par une IA générative. Voir Confiance et comment ça marche.

Couverture, photo, iconographie

L’illustrateur possède son dessin. Le photographe possède son cliché. L’iconographe négocie des images déjà existantes : vous achetez un droit d’utilisation, rarement la photo. Sans contrat, vous avez le fichier pour un usage flou — et un refus le jour où vous voulez un poche, un bandeau, une affiche de salon ou une traduction.

Qui détient quoi — autoédition, cessions à écrire (2026)
Objet Titulaire par défaut À faire figurer par écrit
Texte du livre Auteur Licences de diffusion, exclusivité ou non
Illustration de couverture Illustrateur Supports (papier, numérique, promo), durée, territoire, exclusivité
Photographie Photographe Même grille + mention du crédit
Maquette / fichiers InDesign Maquettiste, sauf cession des fichiers Livraison des sources, usage pour rééditions
Enregistrement audio Auteur (texte) + interprète (voix) Cession de la prestation, supports, plateformes

Cinq lignes suffisent souvent : durée (ou « pour cette édition et ses réimpressions à l’identique »), territoires, supports, exclusivité oui/non, et le sort des déclinaisons (quatrième de couverture, réseaux, kakemono). Un forfait « tous usages, monde, perpétuité » se paie plus cher — c’est normal. Un forfait bas avec une cession immense est un contrat déséquilibré : l’illustrateur le refusera, ou vous le regretterez.

« J’ai payé la couverture » n’est pas une phrase de contrat. « Cession non exclusive, livre papier et numérique, France, 8 ans, hors merchandising » en est une.

Maquette, correction, traduction

Le maquettiste livre un PDF d’impression. Les sources (InDesign, polices) ne sont à vous que si c’est écrit. Sans sources, vous re-payez une mise en pages à la moindre correction lourde ou au changement de format. C’est un livrable, pas un détail technique.

La correction et la préparation de copie portent sur votre texte : le correcteur n’acquiert pas l’œuvre. Il reste titulaire de sa méthode, pas du roman. La traduction est une œuvre seconde : le traducteur a des droits sur sa version. Publier une traduction sans cession, même si vous avez écrit l’original, est un autre livre — et un autre contrat.

La reliure d’art et le façonnage n’entraînent pas de droits d’auteur sur le texte ; ils peuvent créer des droits sur un objet unique. Distinguez l’exemplaire artisanal et l’édition courante.

Livre audio : ne pas tout mettre dans le même bon

L’enregistrement ajoute l’interprète (et parfois un studio, une musique). Vous cédez — ou on vous cède — le droit d’exploiter cette fixation. Changer de narrateur, c’est un nouveau contrat. Mettre le fichier sur une plateforme, c’est une licence de plus, souvent non exclusive. Le texte reste le vôtre ; la voix n’est pas « comprise dans le roman ».

  1. Texte — licence audio distincte si un tiers produit le livre parlé.
  2. Voix — cession de la prestation, mentions, exclusivité limitée dans le temps.
  3. Musique / bruitages — droits tiers, souvent oubliés.
  4. Fichier master — qui le détient, pour quels ré-encodages.

Ce que les plateformes prennent — et ce qu’elles ne prennent pas

Une boutique ou un agrégateur demande en général le droit de vendre et de livrer le fichier, parfois une exclusivité temporaire. Relisez la résiliation et le délai de retrait. Ils n’ont pas à devenir coauteurs. Si l’ISBN est au nom de la plateforme, la notice dit « éditeur » : ce n’est pas une cession de votre texte, mais cela complique un changement de circuit. Voir aussi ISBN et dépôt légal dans le journal.

Pour faire rédiger les cessions, utilisez les prestations juridiques. L’inscription est gratuite. La première mission du prestataire est offerte, puis 8 % lui sont facturés ; le règlement se fait hors plateforme (tarifs). Les prestataires illustration, photo et maquette doivent pouvoir montrer un modèle de cession.

Questions de compte : aide. Présentation de la place de marché : à propos.

Questions fréquentes

Si je paie un illustrateur, la couverture est à moi ?

Seulement dans les limites de la cession. Sans écrit, l’usage raisonnable pour ce livre est parfois défendable, le reste (produits dérivés, autre titre, exclusivité mondiale) ne l’est pas. Faites la grille des cinq lignes avant le BAT.

Puis-je réutiliser la même maquette chez un autre imprimeur ?

Oui si vous avez les fichiers et le droit de les utiliser. Sinon, vous rachetez une adaptation. Demandez les sources et les polices (licences comprises) à la commande, pas après.

Un correcteur peut-il revendiquer le livre ?

Non sur le fond du roman. Il peut revendiquer le paiement et, exceptionnellement, s’opposer à une utilisation de ses annotations comme publication séparée. Ce n’est pas un coauteur du récit.

Faut-il déposer le texte à la SGDL ou ailleurs ?

Ce n’est pas constitutif du droit. Certains auteurs horodatent pour la preuve. Ce n’est pas un substitut aux cessions des images et de l’audio.

L’autoédition me fait-elle perdre des droits face à une maison ?

Non par magie. Une édition antérieure peut gêner une maison si les droits numériques sont encore licenciés en exclusivité. Avant de signer un contrat d’édition, dressez la liste des licences en cours et de leurs dates de fin.

Pour aller plus loin

Métiers juridique, illustration, photographie, iconographie, maquette, audio, traduction ; prestations et journal.